Corentin Martins : « Avec Rivaldo, il y avait du respect et aussi une petite rivalité »

Depuis le 30 janvier dernier, tu es officiellement le sélectionneur de Madagascar, après un long passage à la tête de la Mauritanie. Dans quel contexte tu arrives à ce poste, et qu’est-ce qui t’a poussé à rejoindre le projet malgache ?

Après la Mauritanie, j’ai enchaîné sur une année avec la Libye également en tant que sélectionneur. Puis j’ai eu la possibilité de rejoindre un club en Algérie, Paradou. Hormis quelques intérims à Brest, j’avais exclusivement entraîné en sélection et je voulais voir un peu ce dont j’étais capable en club. Ensuite, en juillet 2024, j’ai eu l’opportunité de pouvoir entraîner un grand club algérien qui avait été plusieurs fois champion, le CR Belouizdad (basé à Alger, NDLR). Le début de saison a été compliqué, et compte tenu de l’impatience des gens là-bas, je suis parti au bout de quelques mois. J’ai pu jauger la vie d’entraîneur dans un club, et c’est là que Madagascar m’a contacté. J’ai réfléchi, j’ai regardé un peu le niveau de l’équipe et surtout, le challenge : se qualifier pour cette fameuse Coupe du monde à 48 nations. Aujourd’hui, Madagascar est troisième de son groupe à deux points de la première place (directement qualificative, NDLR). Donc il y a beaucoup d’espoirs, même si on sait que ça va être difficile, il reste encore six matchs. C’est en tout cas un défi excitant.

Quel est l’état actuel des infrastructures ? Permettent-elles des bonnes conditions de travail pour toi, le staff et les joueurs ? Au niveau des infrastructures, le stade est magnifique et tout neuf. Malheureusement, pour l’instant, on ne sait pas si on pourra l’utiliser, mais je l’ai vu, je l’ai visité et j’ai hâte de pouvoir y disputer des matchs. D’autant plus que les Malgaches ne voient pas l’équipe nationale jouer chez elle depuis plus d’un an et demi. Donc je pense qu’ils seront impatients et vont se rendre au stade en nombre. Après, au niveau des infrastructures générales et nationales, j’ai pu voir deux autres stades, c’est du synthétique, et pas de la dernière génération… C’est vrai qu’il reste un gros boulot à faire dans le pays à ce niveau-là. Mais il y a une vraie passion pour le foot, renforcée par l’épopée à la CAN 2019 (quarts de finale, NDLR).

Les Malgaches ont la réputation d’être les Brésiliens d’Afrique. Ce sont des joueurs qui aiment beaucoup le dribble, le jeu d’élimination.

Tu arrives donc aux commandes d’une équipe du second voire troisième « chapeau » du foot africain, avec très peu de joueurs médiatisés. Comment on commence à construire les fondements d’un projet sportif sérieux dans un tel contexte ?

Grosso modo, l’idée, c’est d’abord de s’appuyer sur ce qui a été fait auparavant et d’établir un bilan pour envisager une progression, une évolution. Il faut y aller petit à petit. J’ai regardé pas mal de matchs qui ont été joués avant mon arrivée. Je cible les joueurs qui m’intéressent, avec le profil que je recherche, et une autre partie de mon travail consiste à tenter d’aller chercher des joueurs binationaux qui pourraient potentiellement renforcer l’équipe. Pas mal de Thaïlandais sont des binationaux malgaches, il y a aussi des joueurs au Luxembourg, en Belgique, en Israël. On a donc essayé de les convaincre, et certains nous ont donné leur accord pour intégrer la sélection. Je trouvais qu’il fallait un petit renouvellement au niveau des âges, parce que c’est une sélection qui commençait à vieillir. Il fallait renouveler un peu l’effectif, sans se désintéresser des joueurs locaux. Mais pour l’instant, de ce que j’ai vu, le vivier local n’est pas suffisant. Aujourd’hui, le championnat n’est pas assez développé, il manque encore beaucoup de choses pour qu’il soit vraiment compétitif. Je parle de la qualité des pelouses, des stades. Les bons joueurs malgaches, souvent, ce qu’ils cherchent, c’est à partir et ils prennent la direction de l’île la plus proche, La Réunion. Beaucoup de joueurs expatriés sont au-dessus des joueurs locaux. C’est pourquoi je reste basé en France, j’ai beaucoup plus de joueurs en Europe qu’à Madagascar. Mais c’est sûr que j’irai là-bas pour superviser le championnat local de temps en temps.

Est-ce que tu as malgré tout ressenti une forme d’identité de jeu locale, des caractéristiques footballistiques propres à cette sélection ?

Les Malgaches ont la réputation d’être les Brésiliens d’Afrique. Ce sont des joueurs qui aiment beaucoup le dribble, le jeu d’élimination. J’ai pu voir quelques matchs locaux, et il y a une très bonne maîtrise technique. Beaucoup de percussion, des dribbleurs, des joueurs de côté. Il y en a quelques-uns capables d’éliminer qui vont assez vite. C’est un peu ça, le profil le plus répandu qui existe à Madagascar.

Les Malgaches sont connus pour avoir des noms de famille à rallonge. As-tu trouvé une technique pour les mémoriser ?

(Rires.) En effet, pour les noms très longs, il va falloir que je trouve des diminutifs ! Mon adjoint, qui est malgache, me sort des noms de temps en temps, mais moi, je me repère surtout aux numéros des garçons que j’ai vus en match. (Rires.) « Le 13, le 8. » Les binationaux ont des noms plus classiques, donc ça passe.

Avant Madagascar, tu as passé sept ans avec la Mauritanie. Est-ce que tu as une appétence particulière pour les outsiders ?

J’ai souvent été dans cette position-là, et je l’aime. Si on se remémore Auxerre, c’est le même schéma ! On était les petits, par rapport à Monaco, Bordeaux, Paris ou Marseille, mais on arrivait toujours à tirer notre épingle du jeu. Durant mes quatre ans et demi passés là-bas, on a souvent été dans les quatre ou cinq premiers du championnat. C’est un peu ce que l’on va essayer de reproduire ici.

Et en matière de management, comment tu te décrirais ?

Je suis quelqu’un de plutôt proche des joueurs. J’essaie d’être au contact avec eux, de m’informer, sur leur vie en dehors du foot et dans leur club, par exemple. J’essaye de réduire la barrière entre le joueur et l’entraîneur. Avant, nombreux étaient les coachs à crier sur leurs joueurs, mais je pense que ce style de management est un peu fini. Il faut au contraire essayer de s’intéresser au joueur pour que lui donne le maximum sur le terrain.

Brest en Ligue des champions, j’ai trouvé ça magnifique. Ils ont joué un football joyeux, simple, et vraiment collectif. Les joueurs ne faisaient qu’un.

Alors que tu n’avais qu’une maigre expérience en tant qu’intérimaire à Brest, une quinzaine de matchs entre 2008 et 2013, tu arrives sur le banc de la Mauritanie en 2014. Comment ça s’est fait ?

Quand ça s’est terminé avec Brest, j’étais ouvert au poste de directeur sportif, mais aussi au poste d’entraîneur. Le métier de sélectionneur, c’est un mélange des deux métiers, quand on y réfléchit, alors je me suis dit pourquoi pas ? Sur le banc à Brest, j’avais retrouvé un petit peu cette adrénaline, cette petite pression, qui m’ont renvoyé à ma carrière de joueur. Par rapport à la Mauritanie, j’avais vu qu’ils s’étaient séparés de leur coach. J’avais deux joueurs mauritaniens à Brest et j’étais passé par eux pour tenter de me présenter au président de la fédé. Nous nous sommes rencontrés et c’est parti comme ça. J’y suis allé sans a priori. J’ai débarqué sans me demander si les routes étaient bitumées ou ensablées, je ne me suis pas posé de questions. J’avais vu plusieurs matchs de la sélection et je m’étais dit qu’il avait moyen de prendre du plaisir. Puis sur place, j’avais un entraîneur adjoint qui m’a beaucoup facilité les choses, sur le plan culturel, relationnel avec les joueurs. Il m’a fallu persuader les joueurs qu’ils avaient les qualités pour qualifier le pays à la CAN, chose qui n’était jamais arrivée. Ce qui était de la peur dans leurs regards s’est transformé en confiance et rage de vaincre trois ans plus tard. Et nous sommes parvenus à emmener la Mauritanie à la Coupe d’Afrique pour deux éditions consécutives, ainsi qu’à la Coupe arabe au Qatar à laquelle je n’ai pas pu participer. À l’automne 2021, des mauvais résultats ont hypothéqué nos chances de qualifications pour le Mondial 2022. Comme quoi, le fait de gagner et d’atteindre des objectifs, ce n’est pas toujours bon. (Rires.) Les dirigeants de la fédération ont pris la décision de se séparer de moi. J’ai juste accepté et je suis passé à autre chose. Passer sept ans avec un groupe de joueurs, c’est énorme. Je pense quand même avoir laissé un bon souvenir. Une anecdote, qui date de fin février : je suis allé superviser un joueur à Las Palmas, dans les Canaries, un archipel où il y a beaucoup de Mauritaniens. Je me suis fait accoster dans la rue, et même au stade, par un Mauritanien qui m’a dit « Mister ! Mister ! »

Pourquoi vis-tu à Toulouse ? Ce n’est pourtant pas une ville où tu as joué…

C’est vrai. J’ai vécu longtemps à Brest, même après ma carrière. Avec mon épouse, on avait envie de chercher un peu plus de soleil. J’ai un ami qui vivait ici et qui me disait toujours : « Il faut que tu viennes habiter à Toulouse. » On s’est dit qu’on allait découvrir la ville et voir si ça nous plaisait. Et puis, à l’époque, je voulais aussi raccourcir mes trajets pour la Mauritanie. Avant, je faisais Brest-Paris, Paris-Casablanca, Casablanca-Nouakchott, ce qui était vraiment long. Aujourd’hui, c’est plus simple. Toulouse dessert de nombreuses destinations, c’est la capitale de l’aviation.

Tu as quand même suivi l’épopée de Brest en Ligue des champions ?

Je n’ai pas été au stade, mais j’ai regardé quelques matchs. J’ai trouvé ça magnifique. Ils ont joué un football joyeux, simple et vraiment collectif. Les joueurs ne faisaient qu’un. Ils ont renvoyé une belle image de football, vraiment. Ils ont réalisé des matchs splendides. Ils ont aussi dégagé un vrai lien avec le public. Les Brestois sont des gens authentiques, qui aiment les joueurs et qui voient si ces derniers mouillent vraiment le maillot, sans tricher. On a ressenti une vraie connexion.

À l’époque où tu étais joueur, Brest était aussi ambitieux, mais avec une différence notable : le club avait un accent sud-américain très prononcé…

Júlio César était déjà passé au club quand je suis arrivé au centre de formation, un an plus tard. En revanche, j’ai connu plusieurs Argentins, notamment Jorge Higuaín, le père de Gonzalo. Mais surtout, il y avait le Paraguayen Roberto Cabañas. Le président (François Yvinec, NDLR) voulait toujours recruter les meilleurs joueurs possibles, pour le club et pour le public brestois, afin qu’ils puissent voir une équipe compétitive. C’est le meilleur président que j’ai connu. C’était quelqu’un de très humain. J’ai beaucoup apprécié son approche, notamment son attachement aux jeunes. Il savait récompenser nos efforts, parfois sans que rien ne soit prévu. De temps en temps, il décidait d’accorder une prime parce qu’on avait fait une bonne saison. C’était spontané, sincère. Il faut se remettre dans le contexte de l’époque. Vers 1985 ou 1986, quand il est allé chercher Cabañas en Colombie, ce n’était pas une mince affaire. À ce moment-là, le joueur évoluait dans un club contrôlé par les narcotrafiquants, les frères Rodríguez, je crois. Le président a réussi à l’exfiltrer en prenant des avions discrets pour le ramener en France. On peut encore retrouver des images de son arrivée à Brest, sur le tarmac, notamment dans un reportage de Téléfoot. C’était une époque particulière, avec de belles choses, mais aussi des excès. Financièrement, le club n’a pas pu suivre, et il a franchi certaines limites, comme beaucoup à ce moment-là. Mais humainement, c’était une personne authentique, quelqu’un que j’ai beaucoup apprécié.

Guy Roux m’appelait quasiment tous les matins à 8h. Gérard Bourgoin est même venu à mon domicile pour essayer de me faire signer un contrat. Jean-Michel Aulas, de son côté, m’a fait venir à deux reprises dans son jet privé pour visiter les installations et tenter de me convaincre.

C’est à ce moment-là que tu rejoins l’AJA en milieu de saison 1991-1992. Comment cette arrivée se concrétise-t-elle ?

À l’époque, Guy Roux m’appelle alors que le Brest Armorique est en instance de liquidation judiciaire. Un administrateur judiciaire était présent pour tenter de maximiser les ventes des joueurs. Il y avait plusieurs clubs intéressés : Bordeaux, Lyon et Auxerre. Guy Roux m’appelait quasiment tous les matins à 8h. Gérard Bourgoin est même venu à mon domicile pour essayer de me faire signer un contrat. Jean-Michel Aulas, de son côté, m’a fait venir à deux reprises sur son jet privé pour visiter les installations et tenter de me convaincre. La deuxième fois, il a augmenté l’offre salariale et les primes pour tenter de me faire signer. Mais j’avais déjà donné mon accord à Auxerre. Certes, j’allais gagner deux fois plus à Lyon, mais Auxerre représentait pour moi un projet plus cohérent. Ce n’était pas encore le Lyon que l’on connaît aujourd’hui. Auxerre était connu pour donner leur chance aux jeunes et jouait régulièrement en Coupe d’Europe, ce qui était un gros objectif pour moi. J’ai fait six mois là-bas, en alternant entre titulaire et remplaçant. Puis, à la fin de la saison, j’ai eu une discussion avec Guy Roux. Comme vous le savez, Jean-Marc Ferreri était très proche de lui, c’était presque comme son deuxième fils. J’ai dit à Guy Roux que pour la saison suivante, je voulais qu’il y ait une concurrence loyale. Si Ferreri était meilleur que moi, il jouerait. Mais si je performais mieux, je voulais avoir ma chance aussi. Guy Roux m’a rassuré en me disant que tout allait bien se passer. Mais finalement, Jean-Marc a quitté le club à l’été 1992.

Et puis vient cette épopée historique de 1992-1993, où vous passez tout près d’une finale de Coupe de l’UEFA. Est-ce que ça t’arrive encore de faire des cauchemars de ce match contre Dortmund ?

Ce match contre Dortmund est vraiment très particulier pour moi, parce qu’on passe tout près, et en même temps, à la fin, je ne suis pas spécialement déçu, parce que j’ai le sentiment que l’on vient de réaliser un match extraordinaire. C’est étrange. On n’a rien à se reprocher, mais on a perdu. J’ai juste l’impression d’avoir tout donné et d’avoir simplement perdu aux tirs au but, voilà. Mais ça reste un magnifique souvenir. Il y a le doublé de 96 bien sûr, mais cette saison-là, par rapport à la qualité des matchs que l’on a produits, à l’ambiance qu’il y avait à domicile, est aussi inoubliable.

On dit souvent que la légende de Zidane en équipe de France commence avec son doublé contre la République tchèque en 1994, à Bordeaux, alors que les Bleus étaient menés 2-0. Mais ce qu’on oublie, c’est que c’est toi qu’il remplace juste avant d’aller inscrire ces deux buts. Comment tu l’as vécu sur le moment ?

C’est vrai qu’on me ressort souvent cette vidéo. On retient surtout l’image de moi qui sors et de Zidane qui entre. Mais honnêtement, ce jour-là, je n’avais pas fait un bon match, donc j’étais surtout déçu de ma propre prestation. Après, que Zidane entre et marque ces deux buts magnifiques, ça fait partie du jeu. L’équipe de France, ce sont les meilleurs qui doivent jouer. Par la suite, j’ai quand même continué à être appelé plusieurs fois, mais c’est vrai que Zidane a pris une tout autre dimension à partir de 1996.

En demi-finales face aux Tchèques, Zidane me voit sur le côté : “Coco, je suis mort.” Je lui ai répondu que ce n’était pas à moi qu’il fallait le dire… Je pense qu’Aimé Jacquet n’avait pas suffisamment confiance en moi.

Et justement, à l’Euro 96, il arrive fatigué après une saison éprouvante et un accident de voiture juste avant le tournoi. Toi, de ton côté, tu restes sur le banc alors que tu sors d’un doublé magistral avec Auxerre. Es-tu sorti frustré de l’Euro anglais ?

C’est vrai que cette année-là, on réalise le doublé Coupe-Championnat avec Auxerre, et je suis le meilleur buteur du club. Zidane, lui, rate les matchs amicaux avant l’Euro à cause de son accident, et pourtant, dès le premier match, il est titulaire. Ça fait partie du football, mais j’ai évidemment été déçu de ne pas jouer une seule seconde du tournoi. Je me suis longuement échauffé le long de la pelouse, que ce soit à Anfield ou à Manchester… mais je ne suis jamais entré. En demi-finales face aux Tchèques, Zidane me voit sur le côté : « Coco, je suis mort. » Je lui ai répondu que ce n’était pas à moi qu’il fallait le dire… Mais bon, ça fait partie du métier. Je pense qu’Aimé Jacquet n’avait pas suffisamment confiance en moi, c’est comme ça.

Ce n’est pas le seul futur Ballon d’or que tu as côtoyé. Après le doublé de 1996, tu pars au Deportivo La Corogne et tu deviens coéquipier de Rivaldo. Quel souvenir tu gardes de lui ?

Je dirais qu’il y avait avant tout du respect entre nous, mais aussi une petite rivalité, surtout en début de saison. On est arrivés en même temps au club, et souvent, quand je marquais, il marquait aussi. C’était marrant, cette espèce de duel à distance. Rivaldo était un joueur exceptionnel individuellement. Mais on s’en est surtout rendu compte quand il est parti. Pendant qu’il était là, on se disait parfois qu’il en faisait trop. Il prenait le ballon au milieu de terrain, dribblait tout le monde et on se disait : « Bon, ça va, faut qu’il arrête un peu, nous aussi, on aimerait jouer. » Mais la seconde saison, sans lui, on a senti qu’il nous manquait vraiment. C’était un joueur sérieux, un gros travailleur, ce qui n’était pas forcément le cas de tous les Brésiliens que j’ai connus à La Corogne.

Tu penses à Djalminha ?

Ah oui, complètement différent ! Lui, c’était un fantasque. Une fois, après un match, on avait décrassage le lendemain matin. Tout le monde s’apprêtait à partir, et lui nous lance : « Bon les gars, ciao, demain je ne viens pas. » Et il n’est pas venu ! Il a passé la nuit dehors et le lendemain, il était aux abonnés absents. Voilà, c’était un autre style.

Tu as gardé contact avec des anciens coéquipiers, ou le temps a fait son effet ?

On s’appelle de temps en temps avec certains. Avec Pascal Vahirua, Bernard Diomède, Daniel Dutuel, William Prunier… Au printemps dernier, l’AJA avait organisé des célébrations pour les 30 ans de la première victoire en Coupe de France (3-0 contre Montpellier, NDLR), j’y étais, c’était très sympa. Et si Djibril Cissé m’appelle, je me libérerai, car a priori le calendrier international est libre à cette date (l’emblématique attaquant a annoncé son jubilé qui mettra aux prises les Cissé All Stars vs Auxerre Légendes le 27 mai prochain, NDLR). J’ai évidemment eu Franck Rabarivony au téléphone au moment de m’engager avec Madagascar (l’ancien latéral de l’AJA est malgache, NDLR), il était super content. Il réside à La Réunion, juste à côté, on essaiera de trouver un moment pour se voir lors d’un rassemblement. Même si en réalité, je suis plus utile pour ma sélection en résidant en Europe que là-bas.

Les matchs de gala, c’est quelque chose que tu affectionnes, ou au contraire, tu as la désagréable sensation de te sentir vieillir sur le terrain ?

Alors moi, je joue de temps en temps avec le club des internationaux. On a quelques matchs organisés ici et là. On a du mal à arrêter, on aime trop ça ! Même à l’entraînement, partout où je passe, s’il y a un nombre impair pour une opposition, je me mets dedans. On a toujours cette envie de jouer, mais parfois, on se dit : « Mais qu’est-ce que tu fais ? Arrête ! Tu n’as plus les jambes. » Pourtant, on espère toujours, j’ai l’impression…

Tu tentes encore un ou deux coups francs, histoire de ?

Oui, ça, ça arrive souvent. Et à ce niveau-là, ça va, je n’ai pas trop perdu.

La belle initiative de l’AJ Auxerre qui offre des places aux plus démunis

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